July 06, 2024
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C’est rarement la fète chez Amen Dunes, qui traine son spleen depuis une quinzaine d’années sur des disques où l’arc-en-ciel des émotions oscille entre le noir et le gris-clair.

Avec sa pochette sombre et son titre funeste, “Death Jokes” voit Damon McMahon s’écarter des thématiques de “Freedom”, album de 2018 qui montrait le chanteur new-yorkais sous son jour le plus optimiste, presque joyeux par moments, ce qui se traduisait chez lui par des chansons au rythme baggy baignées d’une lumière vaporeuse. Avec “Death Jokes”, on pourrait presque dire qu’Amen Dunes effectue un retour aux sources, celui de “DIA”, premier album psychédélique lo-fi de 2009 qui nous avait à l’époque estomaqués par son intensità et son jusqu’au- boutisme.
McMahon y chantait alors sa détresse et ses tourments psychologiques avec un abandon qui faisait froid dans le dos. Sur “Death Jokes”, on retrouve chez Amen Dunes ce sens de la souffrance théàtralisée dans des chansons dérangeantes, mais le décor a changé. 
Les guitares folk déglinguées ont laissé place à des synthétiseurs lugubres et des boìtes à rythmes (“Exodus”), McMahon utilise des samples à foison, pour créer des collages étranges au milieu de chansons (“Ian”), on croise régulièrement des beats hip-hop (“Joyrider”) et l’album regorge de complaintes où cet écorché vif semble possédé (“What I Want”, “Boys”). Comme tous les disques d’Amen Dunes, “Death Jokes” est un album difficile d’accès, mais où on trouve assez de moments de beauté pure pour avoir envie de s’y replonger.

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