November 11, 2022
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 Le changement dans la continuité ? Ou la continuité dans le changement ? 
C’est un peu tout cela que l’on retrouve sur le septième album studio de Phoenix, ces quatre amis unis pour la vie, comme l’annonçait d’ailleurs le titre d’un premier album épatant qui n’a pas pris une ride depuis 2000. 
De ce nouveau disque marqué entre autres par la pandémie et le décès tragique d’un ami et collaborateur cher — Philippe Zdar, disparu au printemps 2019 —, n’émane aucune nostalgie mais plutôt un rappel à la douceur, l’amitié, l’amour et l’envie de vaincre ses peurs et d’embrasser la vie comme elle vient. Pour porter tout cela — et un peu plus encore —, dix chansons comme seuls les Fab Four de Versailles savent aujourd’hui en écrire, de ces chansons élastiques qui sont à la fois d’une rare simplicité et pleines de ces coins et recoins à découvrir à chaque écoute. 
Entre l’évidence revigorante de “Alpha Zulu” et la légèreté inquiète de “Identical”, le groupe joue ses gammes avec virtuosité, signe des mélodies éblouissantes, à l’instar de “Tonight”, chanté en duo avec Ezra Koenig de Vampire Weekend, ou “After Midnight”. 
Il marie souvent en grande pompe l’organique et l’électronique (l’hypnotique “All Eyes On Me”), peint les sentiments du quotidien, célèbre l’insouciance (“Artefact”, à chantonner un sourire aux lèvres) après avoir fêté la mélancolie (“Winter Solstice”, hymne désormais officiel du jour le plus court) pour mieux hisser la pop au rang d’art — mais après tout, quoi de plus normal pour un album enregistré à Paris dans une salle du musée des Arts Décoratifs —, en particulier le temps de “The Only One”, bande-son rêvée des étés indiens d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Et puis, c’est cette évidence qui s’impose encore une fois : un quart de siècle après son premier concert, Phoenix reste bien une bande à part.

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