Le
changement dans la continuité ? Ou
la continuité dans le changement ?
C’est un peu tout cela que l’on retrouve sur
le septième album studio de Phoenix, ces quatre amis unis pour la vie, comme
l’annonçait d’ailleurs le titre d’un premier album épatant qui n’a pas pris une
ride depuis 2000.
De ce nouveau disque marqué entre autres par la pandémie et
le décès tragique d’un ami et collaborateur cher — Philippe Zdar, disparu au
printemps 2019 —, n’émane aucune nostalgie mais plutôt un rappel à la douceur,
l’amitié, l’amour et l’envie de vaincre ses peurs et d’embrasser la vie comme
elle vient. Pour porter tout cela — et un peu plus encore —, dix chansons comme
seuls les Fab Four de Versailles savent aujourd’hui en écrire, de ces chansons
élastiques qui sont à la fois d’une rare simplicité et pleines de ces coins et
recoins à découvrir à chaque écoute.
Entre l’évidence revigorante de “Alpha
Zulu” et la légèreté inquiète de “Identical”, le groupe joue ses gammes avec
virtuosité, signe des mélodies éblouissantes, à l’instar de “Tonight”, chanté en
duo avec Ezra Koenig de Vampire Weekend, ou “After Midnight”.
Il marie souvent
en grande pompe l’organique et l’électronique (l’hypnotique “All Eyes On Me”),
peint les sentiments du quotidien, célèbre l’insouciance (“Artefact”, à
chantonner un sourire aux lèvres) après avoir fêté la mélancolie (“Winter
Solstice”, hymne désormais officiel du jour le plus court) pour mieux hisser la
pop au rang d’art — mais après tout, quoi de plus normal pour un album
enregistré à Paris dans une salle du musée des Arts Décoratifs —, en
particulier le temps de “The Only One”, bande-son rêvée des étés indiens
d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Et puis, c’est cette évidence qui s’impose
encore une fois : un quart de siècle après son premier concert, Phoenix reste
bien une bande à part.
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